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Déposé- Date et heure serveur- 16/04/2013 - 08:44
Seul auteur - OUI
Catégorie - Roman
Titre - AD NUTUM
Description de la création - Depuis 2044, pour endiguer une
montée endémique de la violence provoquée par une crise
économique sans précédent, le gouvernement fédéral universel
a institué un décret-loi dotant chaque individu, âgée de
plus de 20 ans, d’un permis de tuer « ad nutum ».
Toute personne est ainsi autorisée à se débarrasser de l’un
quelconque de ses concitoyens sans devoir justifier de la
raison ou de la motivation qui a éclairé son choix. Ce
droit, reconnu comme fondamental, demeure strictement
personnel et incessible et mais conserve toutefois la
particularité de ne pouvoir être utilisé qu’une seule et
unique fois.
Nul ne pouvant savoir si les personnes qui l’entourent ont
ou non déjà usé de leur propre permis, chaque homme est donc
naturellement astreint à adopter un comportement civique,
policé voir irréprochable vis à vis de son prochain pour
éviter de passer de vie à trépas.
L’auteur de cette décision politique et originale, le
sénateur Pollux Bell, considérait, à l’époque, que chaque
citoyen était capable de s’autogérer et qu’à défaut, il
prenait le risque de s’exposer à cette irrémédiable
sanction. A ses yeux, le système mis en place disposait de
l’avantage évident d’autocensurer les poussées violentes de
la très grande majorité des individus et de régler
naturellement les conflits.
Dans les mois qui suivaient son adoption, les effets du
permis « ad nutum » ne se firent pas attendre puisque le
nombre d’incivilités quotidiennes diminuait de manière
fulgurante et tous comportements déviants étaient étouffés
voir éradiqués.
Plus de dispute de voisinage, plus d’énervement intempestif
dans les embouteillages, plus d’incivilité dans les lieux
publics, plus d’arrogance de la part des agents
administratifs, plus de mari jaloux ou de femme trompée,
plus de conflits larvés dans les entreprises, plus de
querelles d’héritage ............... puisque la seule
crainte que votre voisin, votre collègue de travail, votre
petite amie, votre client ou l’inconnu que vous croisez
puisse à tout moment user de son permis « ad nutum » suffit
à limiter les pulsions de chacun.
De leur coté, les forces de police internationale (FPI),
détournées des interventions mineures émaillant la vie
courante, peuvent concentrer leurs efforts sur la répression
d’une criminalité plus ciblée c’est à dire celle qui s’est
frontalement mis en marge de la loi.
Gare à ceux qui ont emprunté ce chemin car les FPI traquent
sans relâche les meurtriers récidivistes ou ceux qui
viennent briser cette harmonie de façade d’une société
quelque peu aseptisée. Les prisons sont devenues des
quartiers de haute sécurité où il ne fait pas bon vivre dans
la mesure où elles sont destinées aux criminels les plus
dangereux ou délinquants de haute volée.
Lorsque les FPI mènent une recherche active à l’encontre
d’un délinquant, celle-ci peut être grandement facilité par
un système de prime permettant à tout citoyen de concourir,
le cas échéant en usant de son propre permis, à
l’arrestation du fugitif. Cette modalité d’intervention
reste toutefois exceptionnelle.
Cette monétisation du permis ad nutum est le seul cas
autorisé par le gouvernement fédéral universel lequel
n’hésite pas à s’appuyer sur ses administrés pour restaurer
l’ordre en les transformant en chasseurs de primes zélés.
Dans ce contexte quelque peu anxiogène, trois histoires
s’entre choquent :
1) - Diego, journaliste désabusé au caractère désinvolte
mène une quête bien particulière : retrouver son amour de
jeunesse, Hélène Mitchell, avec qui il a partagé les plus
beaux moments de sa vie. Cette dernière l’a quitté, 10 ans
auparavant, dans des circonstances houleuses et Diego
nourrit le morbide dessein d’utiliser son permis pour laver
cet affront et pouvoir tourner enfin la page.
La recherche d’Hélène va le conduire à être le témoin bien
involontaire d’un complot politique qui le dépasse. Au fil
des pérégrinations, il se retrouve paradoxalement comme
l’unique sauveur de celle qui l’a fait tant souffrir.
Au début de l’histoire, Diego est un personnage profondément
antipathique, farouche partisan du permis ad nutum, il va
évoluer au fil des rencontres jusqu’à sa rédemption. C’est
le personnage principal du roman à travers lequel le lecteur
va pouvoir comprendre les imperfections d’un système
prétendument idyllique puisqu’il va être placé dans des
situations tantôt absurdes tantôt brutales. Ce personnage va
imprimer le rythme du roman car au départ, il est plutôt
dans la peau d’un prédateur mais la découverte
d’informations extrêmement sensibles va par la suite le
transformer en cible privilégiée des FPI manipulés par le
trio Bell/Cash/ Bunker.
2) - Un complot politique qui s’inscrit dans une farouche
opposition entre deux camps , celui des inconditionnels du
permis « ad nutum » emmenés par Pollux Bell (motivé en
réalité par des considérations bassement financières) et
celui des abolitionnistes qui ont comme chef de fil un autre
sénateur dénommé Dominitien Marcus.
Ce dernier est un leader pacifique doté d’un véritable
charisme au sein du Sénat. Il a déjà introduit à la
prochaine session parlementaire une résolution visant à
supprimer le permis ad nutum, mais doit réussir à convaincre
5 autres sénateurs de dimension majeure (1 sénateurs par
continent) pour emporter la majorité des suffrages. Pour ce
faire, il décide de les convier dans un lieu de villégiature
tenu secret pour leur confier les éléments d’un enquête
menée par Sharon Jones l’une de ses plus fidèles militantes.
Les informations mises à jour laissent à penser que Pollux
Bell associé à Oswald Cash, mafieux égocentrique et doté de
ressources financières considérables envisagent de légiférer
sur la monétisation du permis de tuer et d’en tirer profit à
leur avantage exclusif.
En effet, Oswald Cash a mis au point un système informatique
permettant à chaque individu de pouvoir se dessaisir de son
permis « ad nutum » en échange d’U2 (unité universelle -
c’est à dire la monnaie universelle ayant cours en 2044) et
Pollux Bell, sous couvert d’en assurer la réglementation,
souhaite s’octroyer une licence exclusive de bourse qui
l’accompagne (monopole). Les commissions de trading générées
par ce nouveau commerce sont considérables et aiguisent les
appétits de ces deux protagonistes. Faire échouer la réunion
pacifique de Domitien devient vite une évidence.
Même si l’action se situe dans un climat extrêmement violent
(le plus souvent cette violence est davantage
psychologique), la réalisation du but inavoué de Bell et
Cash n’est pas chose aisée car les sénateurs bénéficient
d’une protection absolue pendant leur mandat et ce pour
éviter toute influence extérieure lors des choix politiques
qu’ils sont amenés à faire.
Il n’est donc pas possible d’utiliser un permis de tuer
contre un sénateur en exercice sauf à finir ses jours dans
l’un des quartiers de haute sécurité.
Pour mener à bien leurs projets, Bell et Cash s’appuie sur
deux autres personnages à des niveaux différents : Hélène
Mitchell et Bruce Reynold dit « bunker ».
Hélène Mitchell, la nouvelle compagne de Cash est celle qui
a mis au point le programme informatique permettant le
transfert du permis ad nutum d’un individu à un autre par le
déverrouillage partielle de la CIPI . Auparavant adulée et
conquise par Cash, elle est aujourd’hui rabaissée et
humiliée par son ex mentor qui la considère comme une simple
employée dont il faudra prochainement régler le sort. Les
retrouvailles entre Hélène et Diego vont être un des points
d’appui et de connexion entre les deux premières histoires.
Diego qui cherchait à se venger se retrouve finalement
confronté à son ex fiancée fragilisée et ayant cruellement
besoin de son aide. Plus Diego va entreprendre de l’aider,
plus il va lui même se mettre en danger. Le passage de
prédateur à sauveur ne pourra se faire que dans la douleur.
Bruce Reynold dit « Bunker » est l’archétype du criminel
intelligent ; Marginal et délinquant avéré, il échappe
depuis plusieurs années au FPI en dépit des différents avis
de recherche et primes liées à sa capture. Bunker, qui n’a
plus rien à perdre, a été embauché par Bell et Cash pour
effectuer le sale boulot et notamment éliminer physiquement
les participants de la réunion d’Hill en détruisant l’avion
qui devra les transporter. L’intérêt de se personnage est
qu’il permet de décrire des situations décalées puisqu’il
est le seul à ne respecter aucune règle et qu’il tranche
avec la majorité des personnages secondaires dont les
sentiments ou les attitudes ne sont gouvernés que par la
peur.
La relation Bunker / Cash et Bell est basé sur une promesse
d’échanges et d’amnistie puisque Cash et Bell sont en
capacité de modifier sa CIPI et lui proposer un nouveau
départ.
3) la recherche du Bunker
S’appuyant sur une mécanique répressive parfaitement huilée,
Paulus Kemp, officier de sécurité des FPI tente de capturer
depuis plusieurs années Bruce Reynold qui semble
insaisissable. Paulus est un fonctionnaire méticuleux et
respecté qui ne laisse passer aucun détail et représente
l’ordre établie.
Le personnage rôle de ce personnage demeure clef puisqu’il
va dans une première partie de l’histoire pourchasser à la
fois Bunker et Diego lequel va être accusé injustement d’un
meurtre d’un sénateur. Dans la seconde partie, il pourra
aider le trio Diego/Jones/Mitchell et surtout dénouer
l’histoire avant le chapitre final consacré à l’ouverture de
la session extraordinaire du sénat destiné à se pencher sur
l’abrogation ou le maintien du permis de tuer ad nutum.
Le caractère psychologique de ce personnage va
nécessairement évoluer puisqu’il est paradoxalement
extrêmement brillant mais aussi garant d’un système
politique qui a ses limites. Ses enquêtes successives
l’amènent à s’interroger sur la pertinence d’un ordre dont
il est un acteur majeur. Il représente la raison et la
sagesse.
4) les points positifs du roman :
- le rythme : le cadre politique et réglementaire de ce
roman (en dehors même des tiraillements internes et des
contradictions des personnages) est le prétexte permettant à
l’auteur d’exposer des situations extrêmement tendues et
rythmées. Le rythme est la sève des bonnes histoires.
L’astuce réside dans le fait qu’en changeant un seul détail
(le permis de tuer ad nutum et à usage unique), on peut
absolument tout changer dans un environnement qui nous est
pourtant familier. Sans qu’il soit besoin de transporter le
lecteur dans un monde farfelu de pure science fiction, toute
situation ou tout dialogue peuvent dégénérés à tout moment.
- l’identification du lecteur au héros : Nous avons tous un
Diego qui sommeille en nous, nous avons tous rêvé de tuer
quelqu’un à un moment donnée de notre vie - que ce soit
notre concierge ou le vérificateur fiscal qui abuse de son
autorité. Ce roman a un côté jouissif puisqu’il s’appuie sur
les ressentiments de chacun (certes inavoués).
- Sans vouloir prétendre être un grand philosophe, le roman
permet de s’interroger sur certaines notions : la liberté
individuelle, le respect de la norme établie et la
nécessaire limite des règles édictées pour le bien de tous,
la morale et la notion même de politique, etc...
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