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Prénom - CYRIL
Nom - CHRISTIN
Ville - ****
Pays - France
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 Copyright numéro 00052372-1 fleche
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Déposé- Date et heure serveur- 16/04/2013 - 08:44



Seul auteur - OUI
Catégorie - Roman
Titre - AD NUTUM



Description de la création - Depuis 2044, pour endiguer une montée endémique de la violence provoquée par une crise économique sans précédent, le gouvernement fédéral universel a institué un décret-loi dotant chaque individu, âgée de plus de 20 ans, d’un permis de tuer « ad nutum ».

Toute personne est ainsi autorisée à se débarrasser de l’un quelconque de ses concitoyens sans devoir justifier de la raison ou de la motivation qui a éclairé son choix. Ce droit, reconnu comme fondamental, demeure strictement personnel et incessible et mais conserve toutefois la particularité de ne pouvoir être utilisé qu’une seule et unique fois.

Nul ne pouvant savoir si les personnes qui l’entourent ont ou non déjà usé de leur propre permis, chaque homme est donc naturellement astreint à adopter un comportement civique, policé voir irréprochable vis à vis de son prochain pour éviter de passer de vie à trépas.

L’auteur de cette décision politique et originale, le sénateur Pollux Bell, considérait, à l’époque, que chaque citoyen était capable de s’autogérer et qu’à défaut, il prenait le risque de s’exposer à cette irrémédiable sanction. A ses yeux, le système mis en place disposait de l’avantage évident d’autocensurer les poussées violentes de la très grande majorité des individus et de régler naturellement les conflits.

Dans les mois qui suivaient son adoption, les effets du permis « ad nutum » ne se firent pas attendre puisque le nombre d’incivilités quotidiennes diminuait de manière fulgurante et tous comportements déviants étaient étouffés voir éradiqués.

Plus de dispute de voisinage, plus d’énervement intempestif dans les embouteillages, plus d’incivilité dans les lieux publics, plus d’arrogance de la part des agents administratifs, plus de mari jaloux ou de femme trompée, plus de conflits larvés dans les entreprises, plus de querelles d’héritage ............... puisque la seule crainte que votre voisin, votre collègue de travail, votre petite amie, votre client ou l’inconnu que vous croisez puisse à tout moment user de son permis « ad nutum » suffit à limiter les pulsions de chacun.

De leur coté, les forces de police internationale (FPI), détournées des interventions mineures émaillant la vie courante, peuvent concentrer leurs efforts sur la répression d’une criminalité plus ciblée c’est à dire celle qui s’est frontalement mis en marge de la loi.

Gare à ceux qui ont emprunté ce chemin car les FPI traquent sans relâche les meurtriers récidivistes ou ceux qui viennent briser cette harmonie de façade d’une société quelque peu aseptisée. Les prisons sont devenues des quartiers de haute sécurité où il ne fait pas bon vivre dans la mesure où elles sont destinées aux criminels les plus dangereux ou délinquants de haute volée.


Lorsque les FPI mènent une recherche active à l’encontre d’un délinquant, celle-ci peut être grandement facilité par un système de prime permettant à tout citoyen de concourir, le cas échéant en usant de son propre permis, à l’arrestation du fugitif. Cette modalité d’intervention reste toutefois exceptionnelle.

Cette monétisation du permis ad nutum est le seul cas autorisé par le gouvernement fédéral universel lequel n’hésite pas à s’appuyer sur ses administrés pour restaurer l’ordre en les transformant en chasseurs de primes zélés.

Dans ce contexte quelque peu anxiogène, trois histoires s’entre choquent :

1) - Diego, journaliste désabusé au caractère désinvolte mène une quête bien particulière : retrouver son amour de jeunesse, Hélène Mitchell, avec qui il a partagé les plus beaux moments de sa vie. Cette dernière l’a quitté, 10 ans auparavant, dans des circonstances houleuses et Diego nourrit le morbide dessein d’utiliser son permis pour laver cet affront et pouvoir tourner enfin la page.

La recherche d’Hélène va le conduire à être le témoin bien involontaire d’un complot politique qui le dépasse. Au fil des pérégrinations, il se retrouve paradoxalement comme l’unique sauveur de celle qui l’a fait tant souffrir.

Au début de l’histoire, Diego est un personnage profondément antipathique, farouche partisan du permis ad nutum, il va évoluer au fil des rencontres jusqu’à sa rédemption. C’est le personnage principal du roman à travers lequel le lecteur va pouvoir comprendre les imperfections d’un système prétendument idyllique puisqu’il va être placé dans des situations tantôt absurdes tantôt brutales. Ce personnage va imprimer le rythme du roman car au départ, il est plutôt dans la peau d’un prédateur mais la découverte d’informations extrêmement sensibles va par la suite le transformer en cible privilégiée des FPI manipulés par le trio Bell/Cash/ Bunker.

2) - Un complot politique qui s’inscrit dans une farouche opposition entre deux camps , celui des inconditionnels du permis « ad nutum » emmenés par Pollux Bell (motivé en réalité par des considérations bassement financières) et celui des abolitionnistes qui ont comme chef de fil un autre sénateur dénommé Dominitien Marcus.

Ce dernier est un leader pacifique doté d’un véritable charisme au sein du Sénat. Il a déjà introduit à la prochaine session parlementaire une résolution visant à supprimer le permis ad nutum, mais doit réussir à convaincre 5 autres sénateurs de dimension majeure (1 sénateurs par continent) pour emporter la majorité des suffrages. Pour ce faire, il décide de les convier dans un lieu de villégiature tenu secret pour leur confier les éléments d’un enquête menée par Sharon Jones l’une de ses plus fidèles militantes. Les informations mises à jour laissent à penser que Pollux Bell associé à Oswald Cash, mafieux égocentrique et doté de ressources financières considérables envisagent de légiférer sur la monétisation du permis de tuer et d’en tirer profit à leur avantage exclusif.

En effet, Oswald Cash a mis au point un système informatique permettant à chaque individu de pouvoir se dessaisir de son permis « ad nutum » en échange d’U2 (unité universelle - c’est à dire la monnaie universelle ayant cours en 2044) et Pollux Bell, sous couvert d’en assurer la réglementation, souhaite s’octroyer une licence exclusive de bourse qui l’accompagne (monopole). Les commissions de trading générées par ce nouveau commerce sont considérables et aiguisent les appétits de ces deux protagonistes. Faire échouer la réunion pacifique de Domitien devient vite une évidence.

Même si l’action se situe dans un climat extrêmement violent (le plus souvent cette violence est davantage psychologique), la réalisation du but inavoué de Bell et Cash n’est pas chose aisée car les sénateurs bénéficient d’une protection absolue pendant leur mandat et ce pour éviter toute influence extérieure lors des choix politiques qu’ils sont amenés à faire.

Il n’est donc pas possible d’utiliser un permis de tuer contre un sénateur en exercice sauf à finir ses jours dans l’un des quartiers de haute sécurité.

Pour mener à bien leurs projets, Bell et Cash s’appuie sur deux autres personnages à des niveaux différents : Hélène Mitchell et Bruce Reynold dit « bunker ».

Hélène Mitchell, la nouvelle compagne de Cash est celle qui a mis au point le programme informatique permettant le transfert du permis ad nutum d’un individu à un autre par le déverrouillage partielle de la CIPI . Auparavant adulée et conquise par Cash, elle est aujourd’hui rabaissée et humiliée par son ex mentor qui la considère comme une simple employée dont il faudra prochainement régler le sort. Les retrouvailles entre Hélène et Diego vont être un des points d’appui et de connexion entre les deux premières histoires.

Diego qui cherchait à se venger se retrouve finalement confronté à son ex fiancée fragilisée et ayant cruellement besoin de son aide. Plus Diego va entreprendre de l’aider, plus il va lui même se mettre en danger. Le passage de prédateur à sauveur ne pourra se faire que dans la douleur.

Bruce Reynold dit « Bunker » est l’archétype du criminel intelligent ; Marginal et délinquant avéré, il échappe depuis plusieurs années au FPI en dépit des différents avis de recherche et primes liées à sa capture. Bunker, qui n’a plus rien à perdre, a été embauché par Bell et Cash pour effectuer le sale boulot et notamment éliminer physiquement les participants de la réunion d’Hill en détruisant l’avion qui devra les transporter. L’intérêt de se personnage est qu’il permet de décrire des situations décalées puisqu’il est le seul à ne respecter aucune règle et qu’il tranche avec la majorité des personnages secondaires dont les sentiments ou les attitudes ne sont gouvernés que par la peur.

La relation Bunker / Cash et Bell est basé sur une promesse d’échanges et d’amnistie puisque Cash et Bell sont en capacité de modifier sa CIPI et lui proposer un nouveau départ.


3) la recherche du Bunker

S’appuyant sur une mécanique répressive parfaitement huilée, Paulus Kemp, officier de sécurité des FPI tente de capturer depuis plusieurs années Bruce Reynold qui semble insaisissable. Paulus est un fonctionnaire méticuleux et respecté qui ne laisse passer aucun détail et représente l’ordre établie.

Le personnage rôle de ce personnage demeure clef puisqu’il va dans une première partie de l’histoire pourchasser à la fois Bunker et Diego lequel va être accusé injustement d’un meurtre d’un sénateur. Dans la seconde partie, il pourra aider le trio Diego/Jones/Mitchell et surtout dénouer l’histoire avant le chapitre final consacré à l’ouverture de la session extraordinaire du sénat destiné à se pencher sur l’abrogation ou le maintien du permis de tuer ad nutum.

Le caractère psychologique de ce personnage va nécessairement évoluer puisqu’il est paradoxalement extrêmement brillant mais aussi garant d’un système politique qui a ses limites. Ses enquêtes successives l’amènent à s’interroger sur la pertinence d’un ordre dont il est un acteur majeur. Il représente la raison et la sagesse.


4) les points positifs du roman :

- le rythme : le cadre politique et réglementaire de ce roman (en dehors même des tiraillements internes et des contradictions des personnages) est le prétexte permettant à l’auteur d’exposer des situations extrêmement tendues et rythmées. Le rythme est la sève des bonnes histoires. L’astuce réside dans le fait qu’en changeant un seul détail (le permis de tuer ad nutum et à usage unique), on peut absolument tout changer dans un environnement qui nous est pourtant familier. Sans qu’il soit besoin de transporter le lecteur dans un monde farfelu de pure science fiction, toute situation ou tout dialogue peuvent dégénérés à tout moment.
- l’identification du lecteur au héros : Nous avons tous un Diego qui sommeille en nous, nous avons tous rêvé de tuer quelqu’un à un moment donnée de notre vie - que ce soit notre concierge ou le vérificateur fiscal qui abuse de son autorité. Ce roman a un côté jouissif puisqu’il s’appuie sur les ressentiments de chacun (certes inavoués).
- Sans vouloir prétendre être un grand philosophe, le roman permet de s’interroger sur certaines notions : la liberté individuelle, le respect de la norme établie et la nécessaire limite des règles édictées pour le bien de tous, la morale et la notion même de politique, etc...






   
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